Trouver le sélecteur DKIM d'un domaine
Dernière mise à jour : 4 novembre 2026
Vous voulez vérifier la configuration DKIM d'un domaine, et vous butez sur une difficulté qui surprend : il est impossible de demander au DNS quels sélecteurs existent.
Ce n'est pas une limite des outils, c'est une propriété du protocole. Et elle explique pourquoi tous les vérificateurs DKIM, sans exception, vous demandent de saisir le sélecteur à la main : ou le devinent.
Pourquoi on ne peut pas les lister
Une clé DKIM se publie à l'adresse <sélecteur>._domainkey.<domaine>. Par
exemple google._domainkey.exemple.fr.
Le DNS répond parfaitement à « que contient ce nom précis ? ». Il ne sait pas
répondre à « quels noms existent sous _domainkey ? ». Il n'existe aucun
mécanisme d'énumération : pas de liste, pas d'index, pas de jokers exploitables
pour cela.
Conséquence directe : pour lire une clé DKIM, il faut connaître son nom à l'avance. Un domaine peut parfaitement avoir une clé DKIM valide et active sans qu'aucun outil extérieur ne puisse la trouver.
Méthode 1 : Lire un message réellement reçu
C'est la seule méthode certaine à cent pour cent, et la plus rapide quand c'est possible.
Récupérez un message envoyé par le domaine, affichez sa source complète (dans
Gmail, « Afficher l'original » ; dans Outlook, « Propriétés du message ») et
cherchez l'en-tête DKIM-Signature. Vous y trouverez :
DKIM-Signature: v=1; a=rsa-sha256; c=relaxed/relaxed;
d=exemple.fr; s=selector1; t=1762243200;
Le s= est le sélecteur, le d= le domaine signataire. Vous pouvez alors
interroger directement selector1._domainkey.exemple.fr.
Un détail qui compte : vérifiez que d= correspond bien au domaine affiché
dans le champ De :. Si le message vient de facture@exemple.fr mais que la
signature porte d=prestataire.com, DKIM ne s'aligne pas et DMARC échouera sur
ce mécanisme.
Méthode 2 : Essayer les sélecteurs par défaut
La plupart des services utilisent des sélecteurs prévisibles. C'est ce que fait Radar DNS, qui teste une trentaine de sélecteurs courants à chaque analyse. Voici les principaux.
| Service | Sélecteurs |
|---|---|
| Google Workspace | google |
| Microsoft 365 | selector1, selector2 |
| SendGrid | s1, s2 |
| Mailchimp | k1, k2, k3 |
| Mandrill | mandrill |
| Brevo | mail |
| Mailjet | mailjet |
| Postmark | pm |
| Zoho | zoho |
| Fastmail | fm1, fm2, fm3 |
| Proton Mail | protonmail, protonmail2 |
| HubSpot | hs1, hs2 |
| Constant Contact | ctct1, ctct2 |
| Amazon SES | trois jetons aléatoires |
Deux cas rendent cette méthode inopérante. Amazon SES génère des sélecteurs
aléatoires, impossibles à deviner. Et de nombreux services permettent de
choisir un sélecteur personnalisé, souvent daté : mars2026, cle-2, le nom
de l'entreprise.
L'absence de résultat ne prouve donc jamais l'absence de DKIM. C'est une nuance importante à garder en tête quand un outil annonce « aucun DKIM trouvé ».
Méthode 3 : Regarder la configuration à la source
Si le domaine vous appartient, inutile de deviner : le sélecteur est affiché dans l'interface de votre prestataire.
- Google Workspace : console d'administration, Applications, Google Workspace, Gmail, Authentifier le courrier.
- Microsoft 365 : portail Defender, Politiques, DKIM. Microsoft publie deux
CNAME,
selector1etselector2, qui pointent vers son infrastructure. - Prestataires d'emailing : rubrique « authentification de domaine », « domain authentication » ou « sender authentication ».
Le piège des deux grandes suites
Un point mérite d'être souligné, parce qu'il touche énormément de domaines : ni Google Workspace ni Microsoft 365 n'activent DKIM par défaut sur un domaine personnalisé.
Tant que vous ne l'avez pas explicitement généré et publié, vos messages sont
signés avec le domaine du fournisseur, pas le vôtre. Techniquement il y a bien
une signature DKIM : mais le d= ne correspond pas à votre domaine, donc
l'alignement DMARC échoue sur ce mécanisme.
Le symptôme est déroutant : tout semble configuré, DKIM apparaît valide dans les en-têtes, et pourtant DMARC ne passe que par SPF. Or SPF casse dès qu'un message est transféré. Vérifiez ce point en priorité.
Deux vérifications à faire une fois le sélecteur trouvé
La taille de la clé
Les clés de 1024 bits sont en dessous de l'état de l'art ; 2048 bits est le minimum attendu aujourd'hui. Google Workspace crée encore des clés 1024 par défaut dans certains parcours : il faut choisir explicitement 2048 au moment de la génération.
Attention : c'est la clé la plus faible qui compte, pas la plus forte. Une
clé 1024 encore publiée reste utilisable pour forger une signature, même si une
clé 2048 existe à côté. Les vieux sélecteurs abandonnés sont donc à supprimer,
pas seulement à ignorer. PayPal, par exemple, publie une clé 2048 sur s1 et
une clé 1024 sur s2.
Les clés révoquées
Un enregistrement DKIM dont le p= est vide signifie « cette clé est
révoquée ». C'est la manière propre de retirer une clé sans supprimer
l'enregistrement. Si vous en trouvez une qui ne correspond à aucun service
actif, l'enregistrement peut être supprimé.
Ce que fait Radar DNS
L'analyse teste une trentaine de sélecteurs courants, affiche pour chacun la
taille réelle de la clé, signale les clés révoquées, et surtout résout la
cible des CNAME. C'est ce dernier point qui est utile pour identifier un
prestataire : un sélecteur s1._domainkey pointant vers
s1.domainkey.uXXXXX.wlYYY.sendgrid.net désigne sans ambiguïté SendGrid, même
quand le domaine ne publie ni MX ni SPF.